Le
blog du Sentier Solitaire
"Je suis tombé amoureux comme on attrape une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré et sans pouvoir m'en défendre, et puis..."
"Et puis je l'ai perdue. De la même manière."
Anna Gavalda, Je l'aimais.
(Photo Audrey Kerjean)
T.Co. Journaliste Var-matin.
En conjuguant ses passions pour la photographie et la corrida, l'ancien footballeur dévoile un univers dans lequel il voit "le jeu de l'échec et du succès, de la vie et de la mort."
« Je n'aime pas le numérique parce que c'est à l'image d'aujourd'hui. On multiplie, on consomme. Tu fais cent photos, tu les voies tout de suite, tu en gardes une. L'argentique ça aiguise le sens de l'observation. Ca nécessite plusieurs étapes, tu peux en rater une, tu n'es jamais sûr de rien, tu travailles sans filet. Tu peux avoir des frustrations, tu as des incertitudes. Je revendique le pouvoir de rater un truc et je veux garder mes incertitudes. Et là, si on se trompe c'est pour la vie. J'aime ça. »
Le noir et le blanc pour la corrida ?
« Pour le contraste. La corrida, je la conçois comme ça et comme la vie. Noire et blanche, pas grise. La couleur dans la corrida ça peut être beau, mais ce sont toujours les mêmes couleurs et puis ce qui est tout beau ça ne m'intesse pas. Je vois la corrida avec des parts d'ombres éclairées par un petit faisceau de lumière. Avec de la gravité de l'austérité. En même temps, c'est un jeu. Le jeu du toro et du torero, le jeu de l'échec et du succès, de la vie et de la mort. J'aime le jeu et pas seulement dans le sport. Le jeu dans la vie. Je gagne, je vis, je perds, je meurs. »
« Je ne suis pas sûr de pleurer si je voyais un torero se faire tuer sous mes yeux.Je ne pleurerais pas sa mort. Par contre, oui, je pleurerais au souvenir des moments de beauté qu'il m'aurait donné. »
Propos recueillis par J.D. (Libération)
Photo : Cantona à Arles avec Miguel Angel Perera
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