Le
blog du Sentier Solitaire
"Je suis tombé amoureux comme on attrape une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré et sans pouvoir m'en défendre, et puis..."
"Et puis je l'ai perdue. De la même manière."
Anna Gavalda, Je l'aimais.
(Photo Audrey Kerjean)
T.Co. Journaliste Var-matin.
Portrait Etoileska, 23
ans, Aixoise, photographe en voyage
Une Aixoise. Ceux qui connaissent la ville comprendront la somptueuse arrogance de ses déhanchements. Une blonde brillante, tourbillonnante, jolie comme un paysage et sensible comme
la lumière du jour.
Scarlett, 23 ans, transforme ce qu'elle touche en instant de grâce. Elle n'utilise ses mains que pour arrêter le temps et caresse la planète juste en ouvrant les yeux.
Son avenir semblait tout tracé. Un diplôme de droit pénal, de l'argent, des voyages, le confort. Mais le désir de vivre sa rage était plus fort que tout.
L'étoile vend son âme au vent. La banalité ne la rattrapera
pas.
Tous les jours, Scarlett devient photographe. Paris, New-York, Berlin, Miami, Melbourne, Sydney... L'artiste épileptique fait le tour de la terre et lui vole ses images.
Elle quitte l'Amour pour vivre sa passion et préfère souffrir l'absence plutôt
qu'abandonner son rêve. Contre l'avis des gens raisonnables, elle repart à zéro.
Entêtée, désobéissante,
tenace, obstinée persévérante, farouche, sincère, réceptive, spontanée, vulnérable, libre, heureuse et malheureuse... La jeune femme a choisi d'exister. De prendre le risque fabuleux d'être
ce qu'elle est : une étoile incandescente au regard indélébile.
Comme elle, ses clichés ne savent pas tricher. Ils racontent l'histoire d'un lieu précis à un instant donné. Scarlett est une voleuse de secondes qui, sans artifice, révèle sur papier
les vérités du temps et de l'espace.
Intemporel, tendre, violent, délicat, insaisissable, accessible, limpide, réaliste et romanesque, son travail est une fenêtre ouverte. Le cadeau d'un
voyage offert à ceux qui restent. L'invitation magique, comme elle, à conquérir le monde.
Après une année passée en
Australie, la belle emportée s'apprête à revenir. Dans ses valises, elle ramène un morceau de l'hémisphère sud. Certains diront qu'elles s'étaient échappée. Moi je pense qu'elle n'a pas bougé.
C'est la terre qui lui tourne autour pour lui permettre de nous restituer sa beauté. Je m'adresse au hasard et à la destinée. Rendez-vous derrière ou devant l'objectif, au coin de n'importe
quelle rue. Avec l'espérance secrète de me faire capturer par la prunelle de ses yeux dorés.
Texte : T.Co.
Photos : Etoileska