Le
blog du Sentier Solitaire
"Je suis tombé amoureux comme on attrape une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré et sans pouvoir m'en défendre, et puis..."
"Et puis je l'ai perdue. De la même
manière."
Anna Gavalda, Je l'aimais.
(Photo Audrey Kerjean)
T.Co. Journaliste Var-matin.
Elle s’est levée,
Au milieu de la salle de classe.
Petite étudiante un peu crispée,
Petite parisienne à la peau blanche,
Petite bourgeoise étincelante
Etoile du nord inavouée,
Venue ici refaire sa vie.
Derrière ses hanches était caché
Le paysage éternel de toutes mes espérances.
Les lèvres abîmées,
Le regard perdu,
Ses mains tremblaient.
Le temps a ralenti,
Elle n’a rien dit.
Elle ne m’a pas vu.
Elle m’a juste bousculé.
Enfant blessée,
Elle s’est assise à mes cotés,
Brillante étoile, "lice et sans aspérité."
Petite menteuse un peu stressée.
Déjà ma plus belle histoire.
Quelques secondes ont suffi.
Son emprunte était gravée.
La plus belle fille du monde.
Ses gestes, son odeur, son sourire indélébile.
Apparition magique d’un rêve de gosse,
D’un destin oublié.
Le hasard sur mes pas,
Rattrapés par sa rage,
Engloutis, terrassés.
La passion, la tendresse,
Le désir, la douceur.
L’heure la plus sensuelle du monde.
La ronde la plus longue.
La plus belle nuit du monde.
Trop nombreuses sans elle,
Les minutes sont passées.
Effleuré, caressé, pénétré,
Digéré par son absence,
Je ne suis plus rien.
Un homme à terre,
Malade et dépendant.
Les mois se meurent
Et tout s’écroule.
La peur, le doute,
Ma maîtresse, ma concubine,
Mon angoisse, mon héroïne.
Jusqu’à ce jour.
Un réveil difficile.
Sans elle.
Renoncer comme un lâche
A vivre ses soupirs.
Dans cette rupture,
Une partie de moi vient de mourir
Dans le fracas discret d’un adieu résigné.
Je t’aime.
Trop tard.
Le mot est prononcé.
Je t’aime.
Avant la fuite,
Gravé,
Comme une preuve,
Un message,
Une bouteille à la mer
Lancée vers l’avenir.
Elle n’a jamais été plus belle
Que ses yeux suffocants,
Ses larmes retenues,
Cette supplique à voix basse
Au creux de mon épaule.
Je suis parti quand même
Comme un voleur d’amour.
Insolent comme un lâche,
J’ai détourné les yeux.
La perdre pour toujours
Et m’éteindre lentement.
La nuit est passée,
Comme les autres.
Mon corps s’est éveillé,
Cherchant le sien,
Maudissant ma raison,
Criant sa solitude,
Il s’est mis à parler.
Mon cœur m’a dit, qu’avec toi,
Il battait plus fort.
Mes mains m’ont demandé ta peau
Pour se sentir plus douces.
Mes jambes ne répondent plus.
Mes oreilles ne veulent entendre
Rien d’autre que ta voix posée sur ma tristesse.
Mes veines glacent mon sang.
Mon oxygène, ma drogue,
Mon alcool, mon arme,
Ma petite étoile, ma chance,
Ma loi, ma vie, ma foi,
Ma religion, mon âme,
Mes yeux vous pleurent,
Ma bouche vous appelle.
Le chagrin coule sur ma peau.
Mon enveloppe est vide.
Mes doigts ont pris la plume
Pour parler à ma tête,
A ce cerveau immonde
Qui ménage ma bulle.
Ce refuge infamant,
Insulte à notre ivresse,
Injure à ta beauté.
Je garde sur moi ton emprunte,
Le poids de tes étreintes
Gravé sur mes bras abaissés,
Les reliefs de ta joie, de tes rires,
Tes espoirs, ton histoire.
Rien n’est perdu.
La vie n’est plus la même.
Un nouveau jour s’est levé.
L’univers s'est écroulé.
Le décor a changé de couleur.
Il ne reste qu’à vivre
Là où le vent nous pousse.
L’amour dictera sa loi,
Et, si le notre est écrit,
Nous nous soumettrons à lui
T.Co, Il y a plusieurs mois.
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leve la tete, regarde devand toi et admire ton futur
le téléphone existe y'a osé franchir le pas
très joli texte
didine