Je ne l’ai pas vu venir. Dans la fraîcheur d’une soirée méditerranéenne. Au printemps de son corps, elle a joué sur mes mains la mélodie noire et blanche de ses
longs cheveux sombres et de sa peau d’ivoire. Je me suis évanoui, mes lèvres sur son coup. Elle me caressait la nuque. A mon réveil elle n’était plus là. Ses grains de beauté qu’elle n’aime pas
mais qui la rende si belle, l’ondulation sensuelle de ses hanches, sa petite voix soyeuse, son regard, son océan d’amour, ses mains baladeuses et son prénom de fillette. Tout avait disparu sans
au revoir.
Le ciel rouge a enflammé les arbres vert sombre plantés sur la ligne d’horizon. Ma voiture avançait de plus en plus vite, sans parvenir à rattraper le ciel rouge
incandescent. Comme mes yeux remplis de larmes et mon corps tordu de douleur. Puis la couleur s’est envolée. Le ciel rouge sang est devenu bleu gris. Bleu terne, nuageux et noir. Les arbres ont
repris leur place sur le bord de la route au milieu des publicités, des néons et des centres commerciaux. Ma voiture roulait toujours aussi vite. Je ne savais toujours pas ou aller. Mais je m’y
rendais, toujours aussi vite.
Elle était mon ciel rouge, mon horizon brûlant. Elle a détruit mon paysage et donné du feu à ma vie. Elle est partie. Je l’ai laissé s’enfuir. Pire, je lui ai dit
de s’en aller. Je sais qu’elle m’a aimé. Je crois qu’elle m’a oublié. Notre regard magique et ses yeux verts se sont perdus à l’autre bout du monde. Elle était mon inspiration. Je continue sans
elle. A tombeau ouvert. Vivre plus vite, mourir plus vite, précipiter les choses, ne pas se retourner. Elle était ma petite pensée agréable. Elle pèse sur mon ventre. Le ciel a trop saigné. Je ne
m’arrêterai plus.